On l’oublie parfois : plus de 80 % de la perception d’un vin se joue avant même la première gorgée, entre l’œil et le nez. Or, la forme, la finesse et la contenance du verre déterminent la façon dont les arômes se concentrent, s’expriment et se développent. Un verre mal adapté, trop épais ou trop large, et c’est toute la palette aromatique d’un vin qui reste enfermée ou déséquilibrée.
Riedel a transformé cette intuition en axiome : « la forme du verre suit sa fonction » (« Form follows function », selon Claus J. Riedel, source : Riedel). Ainsi sont nées des gammes spécifiques pour le chardonnay, le pinot noir ou encore le cabernet sauvignon, chacune affinée en collaboration avec des œnologues et dégustateurs.
- La largeur du buvant accentue certains arômes (comme le fruité sur les rouges, ou le floral sur un riesling)
- La hauteur influence l’aération avant l’arrivée en bouche
- L’ouverture canalise les arômes vers le nez, modifiant leur intensité
Déjà en 1991, une étude publiée par l’Institut Géovigne soulignait que la perception aromatique d’un même vin variait de 40 % selon la verrerie utilisée.