Le carafage à froid consiste à transvaser un vin blanc – généralement servi entre 8 et 12°C – dans une carafe préalablement refroidie ou simplement tempérée, dans le but d’aérer le vin sans brusquer ses arômes par une montée en température. Ce procédé s’inscrit à contre-courant des pratiques classiques, où l’aération est l’apanage des rouges tanniques. Historiquement, les blancs, souvent perçus comme fragiles et volatils, étaient servis directement de la bouteille.
L’idée du carafage à froid émerge dans les cercles de sommellerie pointus dès le début des années 2010, notamment en France (Les Grappes, Revue des Vins de France) et dans certains restaurants étoilés d’Europe du Nord où la recherche de pureté et de fraîcheur aromatique prime. Les raisons sont doubles : d’un côté, les vins blancs modernes – moins filtrés, plus vifs, avec de longs élevages sur lies – gagnent en complexité mais peuvent présenter des réductions (odeurs fermées). De l’autre, il s’agit de redonner leur chance à des cépages blancs méconnus ou des terroirs atypiques qui révèlent mieux leur identité après un passage en carafe, même à basse température.