La décantation des vins anciens – et des bourgognes en particulier – est un sujet de débat constant parmi sommeliers et vignerons. Historiquement, cette pratique se justifie par la présence d’un dépôt, naturel lors du vieillissement, qui peut altérer la pureté en bouche et troubler la robe. Mais contrairement aux vins jeunes, les bourgognes matures réagissent assez mal à une aération brutale : leur structure tannique a déjà fondu, leurs arômes tertiaires (sous-bois, cuir, truffe, humus) sont très fugaces et leur équilibre est fragile. La décantation, ici, n’a pas vocation à “ouvrir” le vin mais à clarifier le jus, avec une intervention aussi douce que possible.
- Objectif principal : séparer le vin du dépôt sans provoquer d’oxygénation excessive.
- Risques : perte d’arômes, oxydation accélérée, “casse” du bouquet du vin.
Un chiffre souvent cité par les professionnels : d’après une enquête menée par la Société des Sommeliers de France (source : unionsommeliersdefrance.fr), près de 90% des vieux bourgognes servis dans les restaurants gastronomiques sont simplement décantés, sans passage en carafe large.