À première vue, carafe et aérateur visent le même but : oxygéner le vin, en atténuer les angles vifs, en rehausser les arômes. Pourtant, leurs effets varient largement selon les situations, ce que de nombreux tests l’ont démontré (Les Vins de Terroir).
| Paramètre |
Carafe |
Aérateur |
| Temps d’action |
30 min à 2h selon les vins |
En quelques secondes à la verse |
| Homogénéité de l’oxygénation |
Progressive et diffuse |
Soudaine, en surface principalement |
| Effet sur les tanins |
Amollit en douceur |
Possible “choc” aromatique |
| Sédimentation |
Sépare les dépôts |
Sans effet sur les dépôts |
| Spectacle visuel à table |
Oui, très apprécié |
Discret, voire invisible |
Il apparaît donc clairement que, si l'aérateur bluffe par son efficacité immédiate et sa praticité, il ne reproduit pas totalement le travail subtil et prolongé d’une carafe, notamment sur les grands vins complexes ou lorsqu’un léger dépôt est à redouter.
Les témoignages de sommeliers
De nombreux sommeliers (voir Le Guide Hachette des Vins et la Revue du Vin de France) relèvent que l’aérateur “secoue” le vin, au risque d’en altérer les qualités les plus subtiles, alors que la carafe laisse le temps de décoller les arômes les plus délicats. Pour les vins très jeunes, à la structure un peu sévère, ce coup de pouce moderne s’avère souvent bienvenue. Mais pour un grand bourgogne mature ou un vieux Bordeaux, la délicatesse reste de mise, et la carafe demeure irremplaçable.